Les fermiers de la Francilienne
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La ferme universitaire P13

La ferme universitaire P13, c’est quoi ?

La ferme pédagogique du future !

La ferme universitaire P13 de Villetaneuse, en partenariat avec l’Université Paris 13 propose sur 5 hectares une ferme pédagogique qui rassemble des activités qui englobent des thématiques telles que l’agriculture, l’alimentation, la consommation responsable ou encore l’éco-construction et l’éducation à l’environnement et la santé.

C’est en bordure de route, au milieu de grands ensembles et de pavillons, en plein cœur d’un quartier, le 93, devenu le symbole de ces « banlieues » difficiles, que se loge la Ferme Universitaire P13. Cinq hectares de verdure qu’a récupéré l’association les Fermiers de la francilienne pour y monter une deuxième oasis, la sœur de la Ferme de la Butte Pinson, située à quelques kilomètres de là.
« Cette ferme est un lieu d’éducation populaire où les jeunes apprennent à faire par le faire. »

Ici, tout se passe comme si la difficulté était créatrice de richesse. A l’aridité du territoire qui l’accueille, cette oasis oppose un lieu luxuriant et ambitieux. Tous les piliers d’une oasis y sont développés : agro-écologie, sobriété énergétique, éco construction, mutualisation, accueil du public… Mais plus encore, c’est une profonde vocation éducative qui anime ce lieu.

Une oasis par et pour les jeunes de tous les horizons
Montée en partenariat avec l’Université Paris 13, qui est propriétaire du terrain, la ferme du même nom oriente avant tout son activité vers l’apprentissage - de tous. Des groupes scolaires d’abord, dont les enfants viennent découvrir la nature, ses lois, ses odeurs, sa diversité. Les jeunes de la fac de Paris 13 ensuite, dont les étudiants en éthologie viennent par exemple observer les animaux. Les 18 - 25 ans du 93 également, surtout ceux sans emploi ni formation, qui bénéficient d’un suivi personnalisé dans la cadre du programme de réinsertion par le travail (NEET) financé par le fond social européen (FSE). Enfin, la ferme accueille des personnes sous main de justice.
Ce sont donc des jeunes issus de tous les horizons qui se retrouvent sur ce même lieu pour le soigner. « Cela permet de mélanger les publics, de décloisonner, souligne Julien Boucher. Les jeunes des cités mangent avec les étudiants, les maternelles jardinent avec des personnes âgées. Grâce ce faire ensemble, les gens s’écoutent et se comprennent."

Une production alimentaire pour la ferme et ses alentours
C’est Eloïse Guidotty, agronome formée en agroécologie à La Réunion et Madagascar, qui s’occupe de designer petit à petit la ferme. Ce terrain, qui a été un verger, une friche, et finalement une décharge, accueille déjà des aubergines, des petits pois, de l’ail et des carottes ainsi qu’une mare artificielle ! Encore prévu pour 2017 : une serre de production essentiellement dédiée à des plantes aromatiques et médicinales et une serre bioclimatique pour servir de pépinière.

Cette production locale sera directement intégrée au territoire : une des parcelles sera mise à disposition d’associations étudiantes et d’habitants pour une production de variétés anciennes, de même qu’un service de vente de paniers en circuits courts. Des ateliers cuisine seront aussi mis en place avec les jeunes pour valoriser des invendus et nourrir tous les fermiers. Les restes sont toujours récupérés : pour les animaux ou compostés !
« Les jeunes des cités mangent avec les étudiants, les maternelles jardinent avec des personnes âgées. Grâce ce faire ensemble, les gens s’écoutent et se comprennent. »
Chantiers participatifs et matériaux de récup’
Les bâtiments de la ferme de Villetaneuse ont tous été entièrement construits à partir de matériaux de récupération, comme des palettes et du mobilier voués à être jetés et sont le fruit d’un travail collectif entre des équipes bénévoles, des jeunes en réinsertion, des encadrants techniques. La clôture d’enceinte en bois a par exemple été réalisée par des services civiques et le village des animaux a été créé à l’occasion de différents chantiers solidaires et de cohésion d’entreprise.

A cette écoconstruction s’ajoute une réelle intention de sobriété et d’autonomie énergétiques. Des toilettes sèches ont déjà été construites. Deux grands projets sont également dans les cartons : la conception d’un prototype d’éolienne urbaine par les étudiants en électro-mécanique de l’IUT de Saint-Denis. A cela s’ajoutera peut-être la mise en place d’un projet pilote de méthaniseur en partenariat avec l’institut Galilée de Paris 13. Le principe ? Récupérer les déchets des entreprises qui paieront pour tester le procédé. Cette installation initierait un programme dédié à ce méthaniseur à l’université, génèrerait des emplois supplémentaires sur le site, et permettrait d’obtenir de quoi faire fonctionner les équipements de chauffage et de cuisson en autonomie.
Un refuge pour l’eau et les animaux
La ferme accueille aussi une cinquantaine d’animaux, tous sauvés de l’abandon ou de la maltraitance. Etoile noire, pompom, grisouille, cacahuète et tous les lapins ont été récupérés, tout comme les moutons et les cinq cochons, transférés de la SPA. Pour compléter le tableau : une ânesse, une poney, plusieurs ruches et bientôt une « world basse-cour » constituée de cases refuge, comme on les fabrique à l’étranger, pour des poules et canards…

La revalorisation et la protection du cours d’eau la Ru d’Harras constituent un axe majeur du projet de la ferme. Dans un premier temps sera menée une campagne de ramassage des déchets avec les habitants de la zone et les étudiants pour dégager la zone du lit du Ru. Ensuite, viendra l’aménagement des berges du Ru grâce à des pratiques douces et écologiques dans le but de le rendre accessible et agréable !
Un lieu créateur d’emplois
La ferme universitaire P13 accueille aujourd’hui trois jeunes en réinsertion par le travail (NEET), six à sept jeunes chargés de travaux d’intérêt général (TIG) pour trois encadrants et plusieurs services civiques. L’équipe reste trés attentif cependant à bien consolider le modèle économique. Principalement financée par le fond de solidarité européen (FSE), l’équipe se donne l’objectif d’augmenter encore le taux de 25% à 30% de sortie positive pour les jeunes en réinsertion par le travail, afin de continuer à pouvoir en accueillir et bénéficier de ce financement. L’enjeu principal est cependant de gagner en indépendance en renforçant les revenus propres issus de l’accueil des scolaires et du public pour ne plus dépendre intégralement des subventions.
En pleine expansion, ce lieu hors du commun a besoin de toutes les énergies et belles idées, n’hésitez pas à le rejoindre ou à vous en inspirer !

La ferme P13 se construit autour des 10 modules suivants :
1. Éco-construction
- Utilisation de matériaux de récupérations.
- Travail collectif avec des équipes bénévoles, des jeunes en réinsertion, des encadrants techniques et le collectif “Compoz”.
- Types de constructions : murs, locaux, toilettes sèches, abris et enclos.
2. Maraîchage écologique
- Mise en place d’une parcelle à disposition d’associations étudiantes et d’habitants afin d’entretenir les potagers écologiques.

3. Animaux en pâturage
- Présence d’animaux = source d’agréments supplémentaires pour les visiteurs.
- Pâturages = lieux d’échanges, de lien social et de découverte qui répondent également à des enjeux environnementaux de gestion d’espaces verts.

4. Produire en circuit court
- Mode de commercialisation simplifié : les produits passent directement du producteur au consommateur.
- Implantation d’un laboratoire modulaire pour la fabrication de fromage de chèvre.
Participation des étudiants et des habitants à la traite quotidienne.
5. Mise en place de ruches
- L’apiculture urbaine : invitation lancée aux populations urbaines à prendre part au mouvement de sauvegarde des abeilles et ainsi les sensibiliser aux causes de leur déclin, ainsi que les instruire sur la provenance de leur alimentation et promouvoir la biodiversité.
- Inciter les résidents à questionner les pratiques agricoles et environnementales nuisibles à la santé des abeilles, promouvoir le message de l’apiculture urbaine porteuse de changement.
6. Recyclage et récupération des déchets
- Récupération des invendus pour les animaux : par la mise en place d’un système de récupération de denrées alimentaires invendues des grandes et moyennes surfaces ainsi que du restaurant universitaire.
- Compostage : L’ensemble des restes alimentaires du restaurant universitaire qui ne sont plus consommables par les animaux ainsi que le marc de café des réfectoires alimenteront le biocomposteur.
- Mise en place de toilettes sèches : elles n’engendrent aucune pollution, ne nécessitent ni eau ni produits détergents toxiques et ne dégagent pas de mauvaises odeurs. Leur coût d’investissement est faible, et leur coût à l’utilisation est nul. Elles permettent de produire du compost utilisable rapidement et de bonne qualité.
7. Production énergétique alternative et autonome
- Mise en place d’un équipement de production de biogaz permettant de transformer une partie de la matière première du biocomposteur en gaz combustible. Un processus très efficace de la biométhanisation, grâce à la haute teneur en calories des déchets utilisés pour la digestion bactériologique. Le système est utilisable par tout ménage, sa construction étant facile et peu coûteuse.
- Objectif : Obtention rapide de gaz pour faire fonctionner les équipements de chauffage et de cuisson avec ce biogaz auto-produit.

8. Dispositif de récupération de l’eau de pluie
- Système de collecte et de stockage de l’eau pluviale dans la perspective d’une utilisation ultérieure : La récupération d’eau de pluie consiste en un système de collecte et de stockage de l’eau pluviale dans la perspective d’une utilisation ultérieure. L’ensemble des constructions et abris seront équipés d’une installation spécifique.
De telles installations seront indispensables pour suppléer à une alimentation en eau courante potable.
9. Revalorisation du Ru d’Harras
- La revalorisation et la protection de ce cours d’eau constitue un axe majeur de notre projet, donnant lieu à des actions sociales et environnementales.
- Lancement d’une campagne de ramassage des déchets parmi les habitants de la zone et les étudiants afin de dégager la zone du lit du Ru.
- Aménagement des berges du Ru grâce à des pratiques douces et écologiques dans le but de le rendre plus visible et de le revaloriser.

10. Un espace de sensibilisation, d’échange et de convivialité
- Création d’un espace pour les informations, les rencontres, les échanges, et l’organisation des réunions, formations et conférences.
- Installation d’un cyber café “le Ranch des Alternatives” pour organiser et consolider la dynamique humaine. Il sera doté d’une cuisine collective, d’un espace “cafet’ ”, d’une zone wifi avec des postes informatiques en libre-accès ainsi que d’un espace de documentation sur les thématiques environnementales abordées dans le cadre de la COP21.
- Actuellement en plein développement nous invitons dès à présent, les habitants et les étudiants qui le souhaitent à s’investir dans ce projet en participant à son élaboration.


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