Les fermes d’Espoir
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Paris : une ferme urbaine pour « rendre » les jardins d’Eole aux riverains

Article du Parisien du 5 septembre 2020

La petite ferme urbaine récemment aménagée dans les jardins d’Eole (XVIIIe) ambitionne de permettre aux familles de se réapproprier le parc situé à mi-chemin entre l’ex « colline du crack » et Stalingrad.

En matière d’occupation de l’espace public, l’esplanade située à l’entrée sud du parc des jardins d’Eole (XVIIIe) a, à peu près, tout connu. L’installation de campements de migrants de plusieurs centaines de tentes ; l’errance de mineurs étrangers isolés au comportement parfois violent ou bien encore la présence quotidienne de dealers de crack et de leurs clients dans tous les recoins de l’espace vert...

Mais depuis quelques mois d’autres occupants tentent cependant de « reprendre le terrain » : ce sont les « fermiers urbains » de l’association Espoir qui gèrent la ferme pédagogique (avec moutons, chèvres, lapins et basse-cour) aménagé à l’entrée du parc, juste avant le confinement.

« Le but premier est d’occuper le territoire »

L’équipement associatif, financé par la mairie de Paris et conçu sur le même modèle que la « P’tite ferme » créée l’an dernier dans le square Bashung dans le quartier de la Goutte-d’or tout proche, est ouvert librement aux riverains, aux mêmes horaires que ceux du parc. Il doit permettre au public (les familles avec enfants en priorité) de réinvestir le lieu qui avait été déserté pour cause d’insécurité. La Ferme d’Eole a organisé une petite fête ce samedi pour le rappeler aux riverains.

« C’est un projet social. Mais le but premier est d’occuper le territoire », confirme Philippine Seropian, l’une des 3 éducatrices spécialisées qui gèrent la ferme, tandis que les services civiques de l’association et des parents bénévoles animent les stands de la kermesse. « Cette ferme apporte de la vie dans le jardin. Les animaux facilitent le travail de médiation et les rencontres entre les différents publics. Ils participent à l’apaisement des tensions... », énumère t-elle.

« On vient le plus souvent possible. C’est très bien qu’il y ait à nouveau de l’activité dans ce jardin », confirme un père de famille qui habite depuis 2016 dans le quartier et qui dit avoir vu le secteur changer « et pas en bien » depuis son arrivée. « Ce matin encore, en sortant pour aller au forum des associations, nous avons vu deux toxicomanes qui se battait », note t-il. « On a changé de trottoir », complète sa fillette.

« Ça reste un secteur à risque »

Le démantèlement récent d’un « spot » de trafic de crack dans le quartier Rosa-Parks voisin n’a pour l’instant pas provoqué de phénomène de report massif vers les jardins d’Eole. Et les toxicomanes ont tendance à rester au nord du parc (côté porte d’Aubervilliers).

Pourtant pas besoin d’attendre longtemps pour en voir plusieurs qui errent à proximité immédiate de la ferme urbaine où les familles se promènent. En ce samedi après-midi, l’un d’eux fume sa pipe à crack à moins de dix mètres des enclos où les enfants observent les animaux.

« Ça reste un secteur à risque », reconnaît l’éducatrice de la ferme d’Eole qui souligne que l’association est en lien avec la police, les services de sécurité de la mairie, les maraudes, les associations de prévention... « Mais il y a un respect du projet », conclut-elle en surveillant du coin de l’oeil, un homme en haillon et dans un état second qui remonte l’allée en titubant. Juste à côté, sur l’une des pelouses du parc, les gamins entament une course en sac...

Par Benoit Hasse
Le 5 septembre 2020

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